UN PARCOURS DANS PARADISO ET SES PROLONGEMENTS

PROMENADE AU BRAS DE PABLO...
(une visite guidée pour ceux qui veulent éclairer les mystères) 

Il est une promenade que nous partageons régulièrement avec les visiteurs de lux paradiso et à laquelle nous aimerions vous convier, vous qui n'avez peut-être pas encore eu l'occasion de déambuler dans l'exposition.

Paradiso est un album,
lux paradiso une lumière sur ses coulisses.

Voilà pour le slogan !

Mais à quoi ces coulisses ressemblent-elles ?
Paradiso raconte l'histoire qui se tisse entre Maurice et Mona depuis leur naissance. Le jeune Maurice, amoureux de Mona depuis toujours, ne sait comment lui déclarer sa flamme. Pablo, la cinquantaine largement sonnée, lui suggère d'écrire de la poésie à son aimée et lui confie un livre atelier d'écriture. Alors Maurice se lance !
Il copie "Mona" et "amour" des milliards de fois, jusqu'à inventer le mot le plus beau, le mot "Monamour"... Il invente la poésie-SMS et imagine un film avec seulement deux personnages pour en tirer un poème qu'il glisse à l'oreille de Mona, au cinéma...
Mona sa muse...
Poésie, cinéma, amour !

Mais qui est Pablo ? Un ami des parents de Maurice ? Un père spirituel ? Un voisin ? Et que fait-il dans la vie ?

Grâce aux prolongements créés pour l'exposition, on peut se lancer sur ses traces, et donc dans une promenade de possibles. Le principe de "l'image comme point de départ" avait présidé à l'écriture de Paradiso. Nous avons conservé cette ligne pour l'exposition puisque les "Arrêts sur images" sont des textes écrits à partir de détails des images de l'album et que les "histoires de rencontres" ont été créées d'après des dessins que Carole a réalisés pour l'exposition.

Dans les "histoires de rencontres", inspirées à Franck par les portraits de couples dessinés à l'encre sur des toiles immenses par Carole, on retrouve Pablo à travers les mots de Josefina dont il était tombé follement amoureux à Rome, alors qu'il n'avait que vingt-cinq ans.


Toile de Pablo et Josefina dans l'exposition.


Josefina et Pablo
(copyright Franck Prévot)

Celui-ci ne s’appelait pas Marcello, non !
Pourtant la photo a bien été prise à Rome, dans une fontaine… dans LA fontaine !
Et la fille ? Oui ! c’est bien moi ! Vous avez l’air de douter… c’était il y a trente-cinq ans, vous savez… et le temps… Le temps ne fait pas grand-chose d’autre que passer ! Pablo est passé, lui aussi, à sa façon. Il est passé mais il est resté… Là ! Là ! Et là aussi ! À la façon que j’ai choisie moi, tant bien que mal… Je n’ai plus peur de le dire.
Et vous ? Pourquoi avez-vous choisi cette photo ? Pourquoi celle-ci, justement ? Vous êtes incroyable : on ne se connaît presque pas, je vous montre dix photos de moi, avec dix hommes différents ! Et vous choisissez celle-ci, la seule qui aujourd’hui encore, lorsque je repense à son histoire, me trouble, me replonge dans le vertige des « si » et des « mais ».
Toutes les photos portent une histoire. Cent histoires, même ! Toutes les images nous parlent. Il faut les écouter. Vous auriez choisi celle-là, je vous aurais raconté avec légèreté comment j’ai dansé toute une nuit avec Dino… Quel homme magnifique ! Et sa voix…
Ou celle-là ! Celle-là vous aurait amusé, à coup sûr : son histoire vous aurait appris que ce n’est pas parce qu’on s’approche d’un homme pour l’engueuler qu’on ne peut pas tomber amoureuse, lui faire l’amour et se réveiller dans ses bras en se disant qu’on aimerait passer toute sa vie avec lui !
Mais vous avez choisi Pablo ! Si vous étiez une femme, je mettrais ça sur le compte de l’intuition féminine et cela m’agacerait j’en suis sûre. Heureusement vous êtes un homme ! Alors votre métier sans doute… vous écrivez… peut-être parce que vous êtes plus sensible que la moyenne des garçons ! Comme Pablo, d’ailleurs ! Et cette sensibilité vous a mené tout droit jusqu’à la mienne. Vous me déstabilisez et en même temps, j’ai envie de vous remercier : en choisissant cette image, vous dites d’une certaine manière que c’est la plus belle, ou la plus intéressante… Celle qui suggère le plus en tout cas… et sur tous ces points vous avez raison ! Cela me fait plaisir de le croire, ne vous excusez pas !
Dix photos proposées. Vous en choisissez une et je vous raconte son histoire… J’ai étalé ces dix photos sous vos yeux et j’ai proposé moi-même la règle du jeu. J’aurais bien mauvaise grâce de ne pas m’y plier maintenant. Alors allons-y !

Pablo !... Pablo…
J’avais vingt ans. Lui vingt-cinq, peut-être. À l’époque, j’habitais encore chez mes parents, dans un petit village de Sardaigne. Il n’y a pas si longtemps que je vis à Rome. C’était ma première fois dans cette ville. J’étais venue avec trois amies : Valentina, Giusi et Carla. Quatre belles et fringantes jeunes filles sorties de leur trou en Sardaigne, pour débarquer à la capitale et fêter la nouvelle année.  À notre manière, on se berçait encore d’histoires de princes charmants et bien entendu on regardait les garçons dans la rue. On souriait gentiment quand ils venaient nous parler et on riait fort s’ils nous sifflaient ! Le père de Giusi possédait un studio en plein centre de Rome. Il l’utilisait quand il venait pour ses affaires, celles d’argent et d’autres aussi, certainement… Il nous l’avait prêté pour une semaine. On se sentait grandes, libres, femmes ! Quatre gamines insupportables et excitées, en fait, lorsque j’y repense aujourd’hui.

Un soir, nous étions assises sur les marches du Campo de’ Fiori et quatre garçons se sont approchés. Des Français. Pablo parlait italien (sa mère est italienne, romaine même). Les autres pas très bien, mais suffisamment pour dire les jolies bêtises que disent quatre princes charmants français qui rencontrent quatre jolies princesses sardes. Dès le début, je n’ai vu que Pablo. Il semblait plus mûr que les autres et en même temps, il y avait quelque chose de fragile en lui, qui lui donnait un air magnifique et paradoxal. Cette barbe qui tentait maladroitement de le vieillir, ces cheveux mal coupés… cette veste élimée et trop grande pour lui, cette cravate mal nouée et un peu ridicule : on l’aurait cru déguisé et pourtant, tout cela était bien lui, à coup sûr. Se déguiser était une partie de lui je crois et cela me plaisait, me rendait curieuse.
Nous avons marché dans les rues, au fil d’un jeu improvisé : les garçons nous avaient abordées en prétendant qu’ils cherchaient des guides pour visiter Rome et, sans nous faire prier, nous étions devenues ces guides ! Nous ne connaissions rien de Rome et nous inventions des histoires à dormir debout. Pablo, lui, connaissait bien la ville (sa grand-mère y vivait encore à l’époque) et il rigolait à chacune de nos sottises, sans pour autant les corriger. Il en rajoutait même, avec son bel accent français, et nous éclations de rire.
Un de ses amis a sorti une bouteille de Prosecco de son sac et nous avons bu chacun notre tour. Puis une autre et une autre encore et je ne sais plus combien ! Nous étions ivres tous les huit ! Ivres de ce bonheur d’être jeunes, d’être beaux, de rire, insouciants, d’être à Rome, un 31 décembre, de savoir qu’on ne dormirait pas, de sentir nos mains se frôler, se chercher, ivres de repousser ce moment qu’on souhaitait pourtant… Ivres de tout cela, plus que d’alcool.
Puis Pablo m’a prise par l’épaule et nous avons continué à déambuler dans les rues. Nous étions perdus mais aucun d’entre nous ne s’en préoccupait. Je me souviens de ces moments comme de quelque chose de très doux, naturel et joyeux. De temps à autres, je posais ma tête sur son épaule. La laine de sa veste piquait ma joue alors je me serrais plus fort encore et j’oubliais le contact du tissu ; je sentais déjà sa chair, ses muscles. Il se produisait à peu près la même chose pour nos amis, même si je les avais perdus de vue.
Soudain, quelqu’un a crié qu’il était minuit et des gens sont sortis par toutes les portes. Des restaurants, des bars, des immeubles. Les fenêtres se sont ouvertes et des feux d’artifices ont éclaté. Du bruit. De la lumière… mon cœur était à la même enseigne ! Tout le monde criait et j’étais persuadée que la ville entière célébrait ma rencontre avec Pablo. Pour la première fois depuis qu’il m’avait prise par l’épaule, je l’ai regardé. Et nous nous sommes embrassés.
J’ai senti quelqu’un tirer mon manteau : à côté de nous Valentina embrassait son chevalier français comme j’embrassais le mien, sous les feux d’artifice, au milieu de la foule qui criait « Auguri ! Auguri ! » Tout le monde s’embrassait ! J’ai reconnu les autres aussi. Nous étions de nouveau réunis. Mais nous étions-nous vraiment perdus ?! Nous avons bu, encore. J’ai reconnu la fontaine de Trevi et Pablo a enlevé mon manteau. J’ai cru une seconde qu’il voulait me déshabiller et me faire l’amour au milieu de tous ces gens qui criaient. Je ne sais même pas si j’aurais refusé ! Mon manteau est tombé et il m’a prise dans ses bras. Je me suis envolée ! L’eau était froide sûrement mais je ne m’en souviens plus. Je revois son visage qui sourit à peine. Il semblait en fait très sérieux et j’ignore pourquoi. Encore un de ses déguisements ? J’avais envie de me jeter sur lui, de l’embrasser encore ! Valentina a pris la photo à ce moment-là, je pense. Cinq cents personnes nous applaudissaient, sifflaient et les feux d’artifices ont repris de plus belle. Les copains de Pablo l’ont imité et nous nous sommes retrouvés à huit dans la fontaine. Puis d’autres gens encore. Tout le monde riait, s’éclaboussait.







Sur le balcon de Pablo,
dans l'album,
sa "photo" avec Josefina,
"dans une fontaine à Rome",
prouve qu'il ne l'a pas oubliée...




On a eu froid et on est rentrés au studio en courant, dans les rues de Rome. Quelle course magnifique ! On courait vers notre rendez-vous d’amour !
Enroulés dans des serviettes on a bu du whisky et Carla a fait des pâtes qu’on a mangées sans cesser de rire. On s’embrassait et on riait. Nos regards heureux et un peu gênés se croisaient. On ne disait pas grand-chose : on parlait moins que nos yeux ! Puis les couples ont pris le dessus sur le groupe. Pablo et moi dans la salle de bains !  Nous avons tous fait l’amour. Quatre princesses et quatre princes enlacés ! Ce fut une grande nuit d’amour au château !

Puis trois jours magiques avec Pablo. Nous dormions chez sa grand-mère absente pour les fêtes. Trois jours sans voir les autres. Trois jours avec lui seulement. Trois jours à bercer ce « nous » qui venait au monde. Et les « au revoir » et les « à très vite »… les larmes comme des provisions d’encre pour s’écrire. Giusi, Valentina et Carla. Et le train. Et le bateau. Puis la Poste tous les jours. Quelques coups de fil aussi. Cette distance impossible. Mais nos phrases écrites qui font s’ouvrir nos cœurs et glissent en eux semaines après semaines la certitude d’un feu d’artifice qui ne s’arrêtera jamais.
Je vous montrerai les lettres de Pablo. J’ai été la première à savoir qu’il était un grand poète ! Les textes qu’il a publiés par la suite le prouvent, mais je le savais bien avant son éditeur lui-même ! Je n’ai jamais lu de plus beaux poèmes d’amour que ceux qu’il m’adressait. Vous souriez bien sûr ! Vous lirez…
Dans ses lettres, il me parlait beaucoup de politique aussi. De la révolution, de contacts qu’il entretenait avec des leaders d’extrême gauche, d’actions à préparer.
Et de son désir d’avoir des enfants, après, lorsque la société aurait changé. Il parlait beaucoup des enfants, avec une tendresse qui m’enchantait. De l’enfant qu’il avait été, de ceux qu’il fréquentait (j’étais frappée et émerveillée par les liens d’amitiés qu’il avait avec des gamins), de ceux que nous aurions peut-être un jour… Je rêvais de nos enfants, et tentais de me construire au plus vite une conscience politique pour comprendre ce qu’il fallait changer dans la société avant de songer à eux sérieusement !

Et le silence. D’un seul coup.
Pablo a disparu. Comme la vie qui s’arrête.
J’ai cru mourir.

J’ai attendu, je l’ai cherché. Je suis retournée à Rome où j’ai appris par une voisine le décès de sa grand-mère. L’été suivant je me suis rendue à Paris avec Giusi. J’ai rencontré sa logeuse qui ne savait pas où il était parti… À la Sorbonne où il étudiait, même chose : parti sans laisser d’adresse. Les trois autres princes eux-mêmes ne savaient rien et je suis certaine qu’ils ne me mentaient pas. J’ai cru à son retour pendant plus d’un an mais je me suis doucement habituée au monde sans Pablo. Je portais toujours notre histoire d’amour, au fond de mon cœur et dans mon corps tout entier, comme un bonheur encore possible, un horizon… Puis ces sentiments, ces sensations sont progressivement devenus objet, un genre d’amulette qui ne me quittait pas. J’en ai fait un bijou, en quelque sorte. Un très très beau bijou. Et le Pablo de chair et d’os a disparu, une deuxième fois. Puis il y a eu d’autres rencontres, d’autres hommes sont passés, d’autres espoirs sont nés…
Et mon fils Mauricio est né lui aussi. J’ai quitté son père peu de temps après (il fait partie des neuf autres types sur les photos, vous pouvez chercher !). Mauricio, lui, est resté ! Le seul garçon avec lequel j’ai passé vingt ans de ma vie : mon fils.

J’ai retrouvé Pablo l’an dernier ! Cela faisait bien dix ans que je n’avais pas eu de nouvelles de Giusi. Elle m’a appelée un soir pour me dire qu’elle avait dîné avec lui la veille. Giusi travaille dans l’édition et Pablo a publié des recueils de poésie, en Amérique du Sud d’abord, puis en France. Il venait d’être traduit en Italien…
Un coup de téléphone et je suis allée chez lui. Il n’habite plus Paris. Un tout petit appartement dans une ville du sud… et un balcon très mignon, très bordélique, à son image et sur lequel il passe la moitié de sa vie… Il y avait un garçon d’une dizaine d’années chez lui ce jour-là… Maurice… mais ce n’était pas son fils… Il n’a jamais eu d’enfant… La société n’a pas beaucoup changé… est-ce pour cette raison ? Il m’a présenté Maurice comme un ami… son amitié avec les enfants, toujours !
Maurice ! Je pensais à Mauricio, mon fils… et à Maurice-Mauricio, cet enfant que nous n’avions jamais eu, Pablo et moi… Je pensais à tout ce qui aurait changé si…

… et pendant que Pablo me parlait, je mettais en scène le film du « si » dans ma tête, tant et si bien que lorsque j’ai ouvert les yeux et que je l’ai regardé de nouveau, j’ai vu Pablo comme si je ne l’avais jamais perdu, comme si nous avions passé notre vie ensemble, depuis la fontaine de Trevi jusqu’à son balcon… L’amour peut-il revenir ainsi, comme le jour qui se lève encore après une si longue nuit ?



Dans l'exposition, le visiteur peut lire ce texte mais il peut aussi l'écouter dans une version dite par Jennifer Anderson qui a enregistré les dix histoires de rencontres écrites par Franck.

Plus loin, on retrouve d'autres détails sur Pablo, avec les "Arrêts sur images" :


En route la parade ! Pablo m'a appelé ce matin : paraît qu'il y a du boulot pour nous ! Un amoureux dans la détresse... j'ai pas tout compris. En tout cas, c'est pas trop tôt ! Enfin un contrat !
Allez ! Haut les coeurs ! C'est parti !




Il a reçu une boite de Mécano pour ses huit ans et ça ne l’a pas quitté : très vite il s’est mis à construire des grues, de plus en plus hautes.
Il s’est toujours senti à l’écart des autres, plutôt au-dessus même, mais sans mépris, et avec bienveillance. Ça lui convient, d’être seul et de contempler le monde, de loin, et de haut. Quand il redescend, il salue les autres avec chaleur, mais sans effusion. On apprécie son travail et sa discrétion. Souvent il pense à son voisin, le poète. De là où il travaille en ce moment, il voit sa terrasse et il se dit qu’il passera boire un verre avec lui ce soir. Il se sent très proche de lui, finalement, même s’il n’écrit pas de poésie.








Pablo ne ferme plus les volets de sa chambre depuis qu’ils sont cassés. Il s’en fout et même, ça lui plait de regarder les étoiles du fond de son lit. Ça lui rappelle toutes ces nuits à la belle qu’il a passées dans sa vie.
En revanche, ça file la pétoche à Lili d’en-dessous : et si le volet se décrochait un jour qu’elle étend son linge sur sa terrasse ?
-          "J’aime pas bricoler, a dit Pablo, mais pour toi, je mettrai du fil de fer, t’inquiète pas !"
Et il a fait comme il avait dit. Ça va.








-          Allo Pablo c’est Maurice !
-         
-          Je suis sur la place. Ça fait dix minutes que je crie pour que tu m’ouvres ! Je peux monter ?
-         
-          Ouais ! Mais fais gaffe de pas les jeter dans le canal, comme la dernière fois. T’as toujours pas fait faire un double !


C’est bien les gars, faites des gammes ! Moi je me repose un peu… Vous savez ce qui va se passer : Pablo va lui sortir son super bouquin et il va falloir qu’on assure, qu’on égraine les consignes d’écritures, avec l’air enjoué, histoire de lui donner envie, au gamin…
C’est bon : on a un engagement ! C’est pas tous les jours qu’on a du boulot !


Eh vous deux ! Vous vous croyez où ? C’est pas le moment de rester les doigts de pieds en éventail : va falloir être au point dans pas longtemps ! Vous l’connaissez pas encore le père Pablo ? Quand il donnera le top départ, faudra pas lui raconter qu’on n’a pas eu le temps de répéter !
Sans compter que les lecteurs de l’album nous regardent, là. Faudra pas s’étonner si après ça les gens disent que les intermittents du spectacle sont payés à rien foutre ! 


Post-it 1 : « Il y a quarante ans, le futur avait d’la gueule. Aujourd’hui, il fait la gueule »
Post-it 2 : « Josefina : 00 39 34 78 45 75 »
Post-it 3 : « Sucre, Pdt vaisselle, PQ, cubi rouge, Bic noir, patates »
Post-it 4 : « Penser à l’anniversaire de Maurice 26 octobre »
Post-it 5 : « Librairie : acheter le bouquin de Ludo sur le Nicaragua »
La vie d’un homme tiendrait presque sur quelques Post-it… J’aurais jamais cru. 


Dans cette cafetière vit un génie.
C’est une cafetière italienne.
C’est donc un génie italien.
Il y a deux sortes de poètes : ceux qui boivent du café et ceux qui boivent du thé. Pablo boit beaucoup de café et il ne croit pas aux génies.
Le génie lui a autorisé un vœu. Pablo a grogné qu’il ne voulait rien mais de sa mémoire est sorti un très vieux vœu : revoir Josefina.
Il a été exaucé. 


Son écharpe est presque neuve : il l’a achetée le mois dernier au magasin en bas de chez lui, chez Paulette. La veste en revanche, il l’avait déjà quand il est parti en voyage à Rome avec trois de ses copains. Il avait vingt-cinq ans !
Il y a des choses comme ça, qui sont inusables et indémodables.








A l’écouter, on croirait qu’il a fait tous les métiers ! Il a même été dompteur dans un cirque nicaraguayen et d’ailleurs, c’est lui qui a donné cette veste à Maurice. Il a pris du ventre ces dernières années et elle ne lui va plus, contrairement à sa vieille veste en laine qu’il avait choisie trop grande lorsqu’il était jeune. Son amie Josefina dit que la seule bête qu’il n’a jamais réussi à dompter, c’est lui-même. C’est peut-être pour ça qu’il est poète.
Pablo n’a jamais été aviateur mais un jour au Chili, il a sauvé la vie d’un pilote d’Air France qui lui a offert sa veste de commandant pour le remercier. Maurice porte plus souvent la veste de dompteur.




Elle était débordée avec son job de bonne fée auprès de Pinocchio parce que Pinocchio, faut dire… sinon elle aurait volontiers veillé sur Mona et Maurice.
C’est elle qui a suggéré à Pablo, son vieux complice, de jouer le rôle. Ils ont toujours été très liés, elle et Pablo.






Ainsi donc, le personnage de Pablo prend du volume !
La lecture des "Arrêts sur images" et celle de son histoire avec Josefina l'éclairent un peu plus. Dans l'exposition, lorsqu'on écoute le texte dit par Jennifer Anderson, ce témoignage "de bouche à oreille" le rend encore plus vrai.

Il en va de même pour d'autres personnages :

On découvre par exemple l'histoire de Sylvie et Thierry, ce couple assis à côté de Maurice et Mona au cinéma, à la fin de l'album.
A travers l'histoire d'Anouk et Emile (Quai n° 3), on apprend ce que sont devenus Maurice et Mona après Paradiso !
On sait grâce aux Arrêts sur images à qui appartient la gondole amarrée derrière l'immeuble de Pablo : c'est celle de Giuseppe qui, dans les "histoires de rencontres" nous confie son terrible coup de foudre pour Rita.
Jane, en nous racontant son histoire avec John, nous explique indirectement pourquoi elle ferme les yeux dans la salle de cinéma, face à la fée de Pinocchio... On la retrouve également dans les "arrêts sur images"...

Paradiso et ses prolongements se présentent donc comme un véritable réseau, au fil duquel il faut aiguiser son regard et ses sens pour trouver les passerelles qui donnent tout leur volume aux personnages, comme dans la vraie vie !
Alors courez voir lux paradiso dès qu'elle s'exposera près de chez vous !
Plongez-vous dans les détails en lisant les "Arrêts sur images" !
Relisez l'album sur les traces des personnages qui le peuplent !

Après ça, vous aurez presque l'impression que tout ce monde existe pour de bon, comme cette lectrice qui nous avait demandé si nous avions rencontré tous les protagonistes de toutes ces histoires avant de les créer !

BONNES PROMENADES
ET
BONNES LECTURES !



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