mercredi 1 septembre 2010

PARADISO RACONTE QUE...


... Maurice aime Mona, sa voisine du dessous : ils ne sont pas mariés mais ils ont déjà la même adresse. Pourtant les mots ne viennent pas : comment ouvrir son cœur à celle qui dort à un mètre de lui, un mètre à la verticale ? Son ami Pablo lui conseille la poésie pour déclarer sa flamme et lui confie un livre qui propose des pistes d’écriture.

À l’issue d’une première tentative qu’il ne juge pas satisfaisante, Maurice plie son poème en avion et le lance par la fenêtre. Le lendemain, Mona lui dit que c’est une belle idée d’envoyer son courrier par avion…
Alors il écrit encore et vient le tour du texto poétique que Maurice, ne possédant pas de téléphone portable, poinçonne sur une plaque de carton qu’il fait descendre devant la fenêtre de Mona à l’aide d’une corde, avant de projeter son message sur le mur de la chambre à l’aide d’une lampe… « JTM è bi1 peti pr toi 2 moi. JTM è tro é3. S père mes(sage) suprêm kidi un, deux, trois, texto, avec apostrophe et en toutes lettres : je t’aime. »

Bien que sensible à la poésie de Maurice, Mona est agacée : « c’est facile d’inventer l’amour dans des poésies… » et elle demande à son soupirant s’il serait capable de lui dire en face « un mot d’amour tout simple, qui ne se déguise pas ».
Désespéré, Maurice écrit un dernier poème, comme un réalisateur préparerait son dernier film, celui dans lequel il place tous ses espoirs, mais il ne l’envoie pas : il l’emmène au cinéma… « On ne voit jamais mieux la lumière que dans la nuit », lui a dit Pablo un jour… Maurice et Mona vont voir Pinocchio, le vrai film avec les vrais acteurs et dans le noir, Mona prend la main de Maurice. Il lui dit son poème, ose enfin lui glisser le mot d’amour le plus simple qui soit, de bouche à oreille… et son nez ne prend pas un millimètre…

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